Les interviews présentées et analysées dans cet article ont été réalisées lors de l’expédition « Université flottante 2017 » en Arctique, à bord du Mochanov. Les participants, à l’exception du chasseur Igor Matskevich, sont des étudiants ou des scientifiques professionnels. Il convient de souligner que les résultats des interviews ne peuvent nullement être jugés comme représentatifs de l’opinion russe en général. Par le choix et le nombre des personnes interviewées, ce n’est pas la représentativité quantitative qui a été visée, mais l’exemplarité de l’éventail des opinions.

L’objectif premier des interviews était de connaître le jugement des interlocuteurs sur des aspects qui concernent la politique russe actuelle en Arctique et le rapport soviétique (russe) à l’environnement. A partir d’une grille de questions adaptée aux particularités des interlocuteurs, les questions posées sont les suivantes :

  • (1) Estimez-vous qu’il y a une nouvelle guerre froide en Arctique ? (La définition de « guerre froide » a été laissé entièrement aux interlocuteurs)

  • (1) Comment caractérisez-vous la situation la situation politique en Arctique actuelle ?

  • (2) Pensez-vous que le développement actuel en Arctique est plutôt favorable ou défavorable à l’écosystème en Arctique ?

  • (2) Comment percevez-vous les activités soviétiques et leur rapport à l’environnement et en quoi se distinguent-elles des activités russes actuelles en Arctique ?

  • (2) Craignez-vous une catastrophe environnementale en Arctique liée par exemple à l’extraction de pétrole ?

Les interviews ont été menées en russe. Certaines énonciations se basent sur des protocoles de mémoire quand l’interlocuteur donnait des informations intéressantes sans qu’une interview ait été planifiée.

L’intérêt de cette analyse d’interviews se trouve principalement dans le contenu des énonciations et non dans l’exhaustivité des opinions formulées. Il est évident, compte tenu de la structure ouverte des entretiens, que les personnes interviewées abordaient également des sujets en marge des questions centrales. Ainsi, les passages d’interviews qui ne concernaient pas la problématique n’ont pas été pris en compte pour l’analyse. Certaines expressions figées qui semblent importantes pour la compréhension du contenu de l’interview ont été laissées en russe en notant entre parenthèse ou en note de bas de page la traduction en français.

En tout dix « interviews officielles » ont été menées. Par « interview officielle », je comprends un entretien où l’interlocuteur répondait à des questions posées en sachant que ces réponses allaient être utilisées pour un travail de recherche. Comme il a vite été constaté que les participants à l’expédition Molchanov discutaient souvent entre eux sur des sujets en lien avec la politique ou l’environnement en Arctique, les propos ont été retenus pour ce travail. Néanmoins, pour garder l’anonymat du locuteur – qui ne se savait pas dans une situation d’interview – les noms des personnes ne seront pas mentionnés. L’analyse des entretiens est le résultat d’un choix thématique ainsi que d’un choix de citations. Le choix thématique a été guidé par les questions de recherche les plus importantes constituant les différents sujets abordés dans ce spécial Arctique russe. Le choix des citations, par contre, s’est orienté vers l’exemplarité d’une citation pour une certaine tendance d’opinion sur un thème donné. Il faut également souligner que l’ensemble des interlocuteurs n’a pas répondu aux mêmes questions.

Deux problématiques ont été retenues : les réponses qui concernant la conquête symbolique (militaire) de l’Arctique et le rapport de l’homme à l’environnement dans le Grand Nord.

Personnes interviewées et organisation des interviews

Nom Origine Sphère de travail Situation d’interview
Cherkasov, Alexander Sotchi Historien Interview officielle
Gommershtadt, Olga Iakutsk/Moscou Etudiante en écologie

Conversation informelle

Matskevich, Igor Perm Chasseur Conversation de groupe
Merkulov, Victor Saint-Pétersbourg Etudiant en océanologie Discussion dans le laboratoire
Nikitin, Dimitri Moscou Doctorant en microbiologie Interview officielle
Pokrovskaya, Irina Moscou Ornithologue Discussion de groupe
Saburov, Aleksander Arkhangelsk Doctorant en histoire Interview officielle
Skalina, Irina Arkhangelsk Journaliste. Travaillait auparavant pour le parc arctique Interview officielle
Todorov, Andrey Moscou Professeur auprès du Russian Institute for Strategic Studies Interview officielle
Trofimova, Anna Arkhangelsk Doctorante en sciences de l’ingénieur

Conversation informelle

Vezhlivtseva, Ksenia Arkhangelsk Etudiante en relations internationales Interview officielle
Yermolov, Evgeny Arkhangelsk Historien, travaille pour le parc arctique Interview officielle
Zaikov, Konstantin Arkhangelsk Professeur en histoire Conversation informelle

La conquête symbolique et militaire de l’Arctique

« Les médias parlent de la réapparition d’une nouvelle guerre froide en Arctique. Qu’en pensez-vous ?  » Cette question a été posée à tous les interlocuteurs et les réponses sont très variées. Quelques unes présentant des tendances différentes sont analysées.

Anna Trofimova, doctorante

Anna Trofimova : « Oui, je pense qu’il y a une nouvelle guerre froide en Arctique, mais elle est différente par rapport à celle de l’époque soviétique. Aujourd’hui, c’est une conquête pour les ressources. L’Arctique est comme un gâteau à partager entre les différents Etats. Tout le monde prend sa part. Pendant mes voyages en Arctique, j’ai vu des drones étrangers dont personne ne savait à qui ils appartenaient. En tout cas ils n’étaient pas russes, mais ils volaient sur le territoire russe. Peut-être ils étaient danois, qui sait… Aujourd’hui, tout le monde a des intérêts en Arctique… Même la Chine… Les Chinois sont très rusés.  En Arctique – contrairement à l’Antarctique qui sert seulement aux intérêts scientifiques – les frontières ne sont pas encore claires, c’est pour cela que la Russie a pu planter son drapeau. Mais la Russie ne peut pas revendiquer l’Arctique pour elle seule. Je pense que l’épisode du drapeau avait surtout pour but de faire quelque chose qui n’a jamais été fait auparavant. Dans les médias, ils écrivent souvent qu’il y a eu tel et tel  » ракета»1qui a traversé l’Arctique – mon père s’y connaît bien, mais moi personnellement, cela ne m’intéresse pas. »

Analyse : comme ces deux extraits le montrent, Anna Trofimova dessine une image de l’Arctique dans laquelle les différentes nations sont en compétition pour les ressources. Sa réponse se situe donc dans la perception répandue de la course (rush) pour le pôle Nord. Cela est encore renforcé par le fait qu’elle utilise la métaphore du « gâteau à partager » entre les différents Etats. En même temps, ce nouvel intérêt pour les ressources est accompagné d’un renforcement militaire en Arctique, comme Anna Trofimova mentionne les drones et les « ракета» d’autres Etats qui traversent le territoire russe dans le Grand Nord. Contrairement à l’image de deux blocs opposés, comme au temps de la guerre froide, elle présente la géopolitique en Arctique comme multipolaire : tout le monde a « des intérêts en Arctique ». Comme exemple, elle mentionne la Chine et le Danemark. Alors que la Chine a souvent été mentionnée par les interlocuteurs comme un facteur déstabilisant en Arctique2, Anna Trofimova est seule à évoquer le Danemark. Elle explique ce choix par le fait que le Danemark souhaite comme la Russie s’approprier la dorsale de Lomonosov et que les deux pays ont « les meilleures chances pour l’obtenir ». Par cette explication, Anna Trofimova s’oppose à la perception de la zone arctique en tant que territoire où la Russie serait confrontée aux autres Etats membres de l’OTAN sous la direction des Etats-Unis.

En outre, Anna n’attache pas une grande importance au drapeau russe planté au pôle Nord. Néanmoins, par le fait qu’elle le mentionne dans son discours sans en avoir été questionnée explicitement, elle montre que cet événement et la rhétorique nationaliste de cet événement lui sont familiers et qu’elle leur attribue une certaine importance. Cette importance ne se situe pas sur un niveau juridique – ainsi, elle souligne que cet acte n’avait pas d’influence sur la question de l’appartenance de la dorsale de Lomonosov – mais elle y voit un caractère symbolique : de faire « quelque chose qui n’a jamais été faite auparavant ». Anna Trofimova souligne donc l’aspect scientifique et technopolitique de cette expédition : le but était tout d’abord d’être les premiers à faire quelque chose et non pas de revendiquer la terre spécifiquement.

A cette vision d’une Arctique multipolaire s’oppose dans une certaine mesure la journaliste et ancienne collaboratrice du parc national Rousskaya Arktika, Irina Skalina. A la question d’une hypothétique guerre froide en Arctique, elle répond :

Irina Skalina : « Contrairement à l’époque de la guerre froide, il n’y a pas seulement deux blocs opposés en Arctique, mais plusieurs. La Chine, les Etats-Unis, la Russie, le Canada – tout le monde a ses propres intérêts. Néanmoins, ce sont les Etats-Unis qui dirigent les affaires en Arctique pour l’Occident. Je dirais – comme l’a déjà fait Prof. Sergunin – que l’Arctique est plutôt un endroit de coopération qu’un endroit de confrontation. De toute façon, les tensions ne concernent que le niveau international, sur un niveau régional, la coopération fonctionne très bien. Le parc arctique a par exemple plusieurs projets en commun avec la Norvège et les Etats-Unis pour la protection de l’environnement. »

Analyse : le discours d’Irina Skalina présentent plusieurs arguments pour et contre l’image d’une guerre froide en Arctique, et qui semblent même se contredire. En premier lieu, elle parle d’une Arctique multipolaire (Chine, Etats-Unis, Russie, Canada), mais ensuite, elle dit que les Etats-Unis occupent le leadership occidental. Puis – en se référant à la lecture du spécialiste arctique Alexander Sergunin – elle estime que l’Arctique est plutôt un endroit de coopération que de confrontation pour ensuite dire que les conflits ne concernent que le niveau international et non régional. Comment peut-on comprendre cette incohérence ? Une raison très probable pour ce basculement entre confrontation et coopération est le fait que Prof. Alexander Sergunin avait tenu une conférence sur les relations internationales en Arctique juste avant l’interview. Dans son exposé, Sergunin soulignait à plusieurs reprises que l’Arctique était une région de coopération et qu’elle pouvait servir comme bon exemple pour une collaboration fructueuse entre les différentes nations. La première réponse d’Irina Skalina est clairement influencée par cet exposé. Le fait qu’elle mentionne ensuite les Etats-Unis comme force regroupant toutes les autres nations arctiques et le recours à l’image de deux blocs confrontés, provient à l’inverse d’une autre source, comme par exemple de la couverture médiatique (voir notre article L’Arctique dans les médias russes). Il est de même avec l’image d’une coopération internationale qu’Irina Skalina évoque tout d’abord pour ensuite dire que la coopération était seulement régionale (« Les tensions ne concernent que le niveau international, sur un niveau régional, la coopération fonctionne très bien »).

La réponse d’Irina Skalina est exemplaire pour deux discours qui s’entremêlent. D’une part, il y a celui de la coopération (partiellement influencé par l’exposé de Prof. Sergunin), d’autre part, celui de confrontation (probablement influencé par les médias et par les stéréotypes généraux de la guerre froide). En ce qui concerne la politique internationale, Irina Skalina entremêle souvent les différents discours : elle présente l’Arctique comme un territoire de coopération puis comme une région de confrontation. Par contre, au niveau régional, elle donne des exemples concrets et son argumentation devient cohérente. De cette façon, elle mentionne un projet de coopération entre la Russie et les Etats-Unis pour la protection de l’ours polaire et un projet russo-norvégien pour la protection du géoland bourgmestre, une espèce d’oiseau de mer. Alors que le niveau international reste quelque chose de très abstrait dans le discours d’Irina Skalina, dès qu’elle passe à un niveau régional, elle fournit des exemples et elle peut justifier sa théorie.

Pendant les interviews, j’ai pu constater que les interlocuteurs recourent souvent à des exemples personnels pour justifier leur propre vision de la politique internationale actuelle. Ainsi, Victor Merkulov, étudiant en océanologie, dit concernant l’image d’une nouvelle guerre froide en Arctique : « Oui, bien-sûr, il y a une nouvelle guerre froide en Arctique. J’ai un ami russe qui voulait participer à une expédition en Arctique. Finalement, l’expédition a été annulée parce qu’elle était sous la direction américaine et la Russie ne voulait pas d’Américains en Arctique. C’est ça, la politique… » Victor Merkulov utilise donc cet exemple personnel pour illustrer son mécontentement de la politique internationale en général – il ne voit pas la faute dans un pays ou une organisation en particulier.

Le chasseur Igor Matskevitch a une autre vision des enjeux géopolitiques. Tout omme Victor Merkulov, il est d’avis qu’il y a une nouvelle guerre froide en Arctique, mais il attribue la faute clairement à une partie spécifique impliquée dans les affaires arctiques – à la question d’une de la possible militarisation en Arctique, il répond :

Igor Matskevitch, chasseur dans l’Arctique

Igor Matskevitch : « Mais qu’est-ce que vous faites dans les pays baltes ? Vous y avez installé des missiles en direction de la Russie ! »

Par « vous », Igor Matskevitch sous-entend clairement l’Occident, et en particulier l’OTAN qui a renforcé sa présence militaire à la frontière russe et biélorusse depuis l’annexion de la Crimée – une nouvelle qui est régulièrement publiée par les médias en Russie pour illustrer l’agressivité et l’incursion de l’OTAN à l’est.1 Contrairement à Victor Merkulov qui voit la raison pour les tensions entre l’est et l’ouest dans la politique internationale en général, Igor Matskevitch recourt à une image où l’Occident est l’agresseur et où la Russie se trouve dans une position de défense. Son discours est donc comparable à celui qui a déjà été observé dans la couverture médiatique auquel on a donné le nom « The world is against us, but we just want peace ». (voir notre article l’Arctique dans les médias russes). Igor représente la Russie comme une victime des provocations étrangères.

«Крым наш, Арктика наша!2» plaisantent deux marins à bord du Molchanov, alors que la terre François-Joseph se profile.

Le grand sourire des deux hommes en prononçant ces mots, du plus pur jus nationaliste, montre clairement la plaisanterie et le second degré. Leur exclamation doit plutôt être perçue comme la reprise ironique d’un discours nationaliste qui circule régulièrement dans les médias russes conservateurs3 et aussi dans le discours de certains hommes politiques russes. L’exclamation des deux marins sur le Molchanov reprend par exemple l’énonciation du vice premier-ministre russe, Dimitry Rogozine, affirmant que la Crimée et l’Arctique étaient à la base la même chose – toutes les deux devaient appartenir à la Russie.4

Le fait que les deux marins utilisent ce discours en plaisantant montre que cette rhétorique nationaliste leur est bien familière et que ce discours circule dans la société russe du Nord. Comme le constate Marlène Laruelle, l’Arctique est devenue pendant les années de Poutine « the outpost of Russia’s reassertion as a great power »1. L’exclamation « Krym nash – Arktika nasha ! » s’inscrit dans cette tradition de la représentation de la Russie comme une grande puissance qui veut acquérir un nouveau Lebensraum. Selon le doctorant en géologie, Dimitry Nikitin, cette lecture nationaliste de l’Arctique est primordiale dans la politique russe. Selon lui,

Dimitry Nikitin : Il n’y a pas seulement une guerre froide en Arctique, mais partout entre la Russie et les Etats-Unis – surtout depuis la crise en Ukraine. La Russie veut montrer sa grandeur, montrer qu’elle est puissante et les Etats-Unis ne sont pas d’accord avec cela parce qu’ils veulent décider des affaires mondiales. La Russie investit dans l’infrastructure militaire en Arctique comme pendant l’époque de la guerre froide.

Alors que la plupart des interlocuteurs estiment que cette nouvelle guerre froide en Arctique s’applique essentiellement au niveau économique, contrairement à l’époque soviétique où la guerre était en premier lieu militaire, Nikitin ne fait pas cette distinction. Pendant l’interview ainsi que pendant sa présentation sur les problèmes écologiques en Arctique, on retrouve souvent des superpositions entre ces deux époques historiques. Par exemple, sur une page de sa présentation, une photo de l’explosion de la tsar bomba soviétique sur la Nouvelle-Zemble se trouve à côté de deux photos contemporaines d’exercices militaires en Arctique. Dimitry Nikitin commente cette page  : « In the Arctic there are territories of the states confronting each other (for example, the USA and Russia). The way of rockets through polar regions to potential enemies is shorter than over less high latitudes »2. Comme cet exemple le montre, Dimitry Nikitin procède par une superposition de la politique soviétique en Arctique avec celle d’aujourd’hui. Il recourt donc à la même rhétorique employée par de nombreux journaux.

Alors que selon Nikitin la proximité des différents Etats en Arctique présente un facteur de tension, Andrey Todorov, Alexander Sergunin et Alexander Saburov interprètent cette proximité plutôt comme une chance pour la coopération. Ainsi, Andrey Todorov, juriste de Moscou, constate :

Andrey Todorov, juriste de Moscou

Andrey Todorov : A mon avis, l’Arctique est en premier lieu un endroit de dialogue – cela est aussi dû à son climat dur qui rend une guerre peu probable. L’Arctique pourrait en fait servir de bon exemple pour la politique internationale en tant qu’endroit de coopération. Les médias parlent souvent d’une « nouvelle guerre froide » en Arctique, mais cela n’est pas juste. En outre, l’image d’une guerre froide fait référence à la confrontation de deux blocs. Aujourd’hui, on a par contre des conflits parmi tous les Etats arctiques comme par exemple la question de l’île de Hans qui concerne le Canada et le Danemark.

Et Alexander Sergunin, historien d’Arkhangelsk, souligne pendant une lecture sur le bateau Molchanov :

Alexander Cherkasov, Alexander Sergunin et Igor Matskevich à bord du Molchanov

Alexander Sergunin : Il n’y a pas de guerre froide en Arctique. Il est vrai, qu’on peut trouver certaines caractéristiques dans la situation politique actuelle, comme par exemple la méfiance – cela surtout depuis l’annexion de la Crimée qui a fortement nuit à la politique de coopération en Arctique. Néanmoins, c’est clairement la coopération qui domine en Arctique.

D’une façon générale, on peut constater que les personnes interrogées ayant une formation en sciences politiques relations internationales, droit ou histoire présentent l’Arctique généralement sous l’angle de la coopération. Les interviewés qui étudient les sciences dures ou n’ayant aucune formation universitaire sont, en revanche, plus enclines à voir la situation politique en Arctique comme une confrontation – une confrontation économique, mais aussi comme une confrontation militaire.

Toutefois, le cadre des interviews faites pour ce travail n’est pas assez large pour pouvoir en tirer des conclusions générales. Néanmoins, on peut postuler que les personnes n’ayant pas de formation scientifique ou non spécialistes en sciences politiques, sont beaucoup plus influencés par les médias russes qui présentent une image largement unilatérale des enjeux globaux en Arctique.

1 Laruelle, op. cit., p. 6.

2 Copie directe de la présentation « Ecological Problems in the Arctic » de Dimitry Nikitin tenue lors de l’expédition « Université flottante ».

1 Voir par exemple les articles : TASS, Manœuvres militaires de l’OTAN près de la frontière russe, 14.09.2017, [Consulté le 14 septembre 2017] Disponible à l’adresse : http://tass.ru/armiya-i-opk/3595298 Ainsi que: Komsomolskaja Pravda, Des avions de l’OTAN ont effectué des vols militaires dans le sud de la mer Baltique, 17.09.2017, [Consulté le 17 septembre 2017] Disponible à l’adresse : https://www.kp.ru/online/news/2871114/

2 La Crimée est à nous ! L’Arctique est à nous !

3 Politikus, L’Arctique est à nous: un nouveau développement de la Russie va conquérir la région arctique, 23.03.2017, [Consulté le 14 septembre 2017] Disponible à l’adresse : http://politikus.ru/industry/92277-arktika-nasha-novaya-razrabotka-rossii-pokorit-arkticheskiy-region.html Ainsi que: Nasha Planeta, L’Arctique est à nous : pourquoi les Etats-Unis et le Canada essaient d’envahir le « pays des ours polaires », 25.07.2017, Consulté le 14 septembre 2017] Disponible à l’adresse : http://nashaplaneta.su/news/arktika_nasha_zachem_ssha_i_kanada_pytajutsja_vtorgnutsja_v_stranu_belykh_medvedej/2017-08-25-4558

4 Barentsobserver, Expansionist Rogozin looks to Arctic, 21.04.2015, [Consulté le 14 septembre 2017] Disponible à l’adresse : http://barentsobserver.com/en/arctic/2015/04/expansionist-rogozin-looks-arctic-21-04.

1Ракета (raketa) en russe peut signifier missile militaire ou fusée d’observation

2 Voir par exemple l’interview avec Olga Gommershtadt qui recours au même stéréotype des Chinois quand elle dit : « Oui, je pense qu’il y a déjà une guerre froide en Arctique, spécialement pour les ressources. Aujourd’hui, ces ressources sont encore difficiles à extraire, mais peut-être une fois que la technologie sera meilleure, il aura une réelle guerre économique en Arctique. Surtout entre les Etats-Unis, la Russie et le Canada. Et aussi les Chinois – les Chinois sont très rusés. » Deux fois, le mot « rusé » (chitryi) a été utilisé pour décrire les Chinois.