Du 19 février au 23 février 2018

Par Valérie Geneux

La liberté de presse mise à mal en Serbie

Serbie, Belgrade 

La sonnette d’alarme concernant la liberté de presse en Serbie a été tirée cette semaine lors d’une conférence de presse organisée par Reporters sans Frontières et l’Association des journalistes indépendants de Serbie le 20 février 2018. Les conditions d’exercices de la liberté de presse dans le pays n’ont cessé de se détériorer depuis au moins ces cinq dernières années jusqu’à arriver à une situation critique aujourd’hui. Dernier épisode en date du 19 février 2018 : la menace d’expulsion par le gouvernement serbe du journaliste français B. Bertinchamps officiant entre autre pour le Courrier des Balkans.

L’ingérence politique dans les médias est aussi constatée par le Commission européenne dans son rapport du mois de février 2018. Pour rappel, la Serbie, ainsi que d’autres États des Balkans, a récemment réitéré sa volonté devenir candidate à l’adhésion de l’Union européenne d’ici 2025. La Serbie doit avant tout entreprendre de nombreuses réformes en matière de droits fondamentaux, du respect de l’État de droit et de la liberté de le presse pour espérer remplir les conditions d’adhésion à l’Union européenne.

Source :

https://www.courrierdesbalkans.fr/RSF-En-Serbie-la-liberte-de-la-presse-est-bafouee-au-quotidien

 

Dix ans d’indépendance du Kosovo

 Kosovo, Pristina

Le 17 février 2018, le Kosovo a célébré ses dix ans d’indépendance. Malgré l’optimisme et l’enthousiasme des débuts, le bilan économique et politique reste très mitigé. En effet, le pays est largement rongé par la corruption et peine à se développer.

Les pourparlers serbes, soutenus par les Russes, n’envisagent aucunement de reconnaître l’indépendance du Kosovo. Initiative néanmoins soutenue par l’Allemagne et l’Union européenne – l’Union européenne a reconnu l’indépendance du Kosovo bien que cinq États membres dont l’Espagne et la Grèce ne l’ont pas fait. Le président serbe A. Vucic, excluant toute solution qui viserai à reconnaître cette indépendance, a suggéré le mardi 20 février, lors de sa rencontre avec le premier ministre allemand S. Gabriel, de trouver un compromis basé sur la partition du Kosovo d’ici le mois d’avril 2018 afin d’éviter le risque d’un conflit gelé entre le Kosovo et la Serbie. Les différentes propositions de compromis émanant de la partie serbe reposent sur un principe d’échange de territoire peuplé à majorité de Serbes et d’Albanais entre la Serbie et le Kosovo. Ce dernier rejette toute éventualité qui compromettrait ses frontières actuelles.

La position ferme sur la question de la non reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par la Serbie constitue une entrave pour cette dernière dans son processus d’intégration à l’Union européenne. Il est donc dans son intérêt de trouver rapidement une solution viable pour tous.

Sources :

https://www.b92.net/eng/news/politics.php?yyyy=2018&mm=02&dd=20&nav_id=103527

http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1694

 

Exode démographique

Albanie, Tirana, République Srpska, Banja Luka, Croatie, Zagreb

Le phénomène d’émigration touche actuellement tous les États des Balkans. L’Albanie a cette semaine publié des chiffres alarmants : 330’000 Albanais ont quitté le pays entre 2011 et 2018. Ces derniers, qui décident de quitter leur pays pour aller s’établir dans les États de l’Union européenne principalement, le font dû aux mauvaises conditions économiques et au manque de perspective d’avenir qu’ils désirent meilleur.

Même constat du côté de la République Srpska où l’exode des habitants engendre une stagnation voir un ralentissement du développement: le Fond Monétaire Mondial fait état d’une baisse de croissance pour l’année 2018. La chambre de commerce de la République Srpska a déclaré ce 20 février que l’exode des jeunes et des personnes qualifiées représente une menace significative pour le potentiel de développement. A noter que la Bosnie Bosnie-Herzégovine ne détient pas de statistiques  officielles sur son taux d’émigration.

Dans la même mouvance, ce vendredi 23 février, le secrétaire d’État à la Démographie de Croatie, M. Strmota, a démissionné en direct lors d’une conférence de presse portant sur la revitalisation démographique, pointant du doigt l’inaction du gouvernement croate dans sa mission à limiter l’exode des jeunes croates vers l’étranger. C’est une grande première qui fait l’effet d’une bombe en Croatie. En effet, c’est la première fois qu’un employé du gouvernement dénonce ainsi le « manque de sérieux » de ce dernier. Frustré par l’insuffisance de possibilités octroyées et l’inaction de son ministère face à une situation d’urgence, M. Strmota quitte sa fonction et son salaire confortable comme signe de protestation. M. Strmota sera-t-il le nouveau héros de Croatie et a fortiori des Balkans, capable de soulever les vrais problèmes de mauvaise gouvernance et de déficit démographique ? Affaire à suivre.

Sources :

https://www.courrierdesbalkans.fr/L-Albanie-confrontee-a-un-nouvel-exode-de-sa-population?id_article=35037

https://www.courrierdesbalkans.fr/En-Croatie-un-secretaire-d-Etat-demissionne-en-direct-pour-denoncer-l

http://www.balkaninsight.com/en/article/imf-reduced-bosnian-growth-forecast-due-to-population-migration-02-20-2018