Janvier 2018

Quand les armes américaines passent dans le camp adverse

Kiev-Washington Après la décision de Washington, le mois dernier, de fournir l’Ukraine en armes létales, le WSJ publie un article sur le danger de l’armement américain tombé entre les mains des séparatistes. En 2014, un des systèmes de radar de courte portée fourni par Washington et déployé sur la ligne de front près de Debaltseve aurait été récupéré par les séparatistes, après le retrait des forces gouvernementales ukrainiennes. Le problème n’est pas récent. En Géorgie, en 2008, du matériel militaire américain avait été saisi sur des bases géorgiennes. Selon une source officielle russe citée par le WSJ, les forces spéciales arméniennes disposeraient de gilets, bottes et armes blanches de l’armée américaine achetées à Tbilisi. Mais aujourd’hui, les plus grandes inquiétudes visent les missiles anti-tanks Javelin que l’Administration Trump doit fournir à Kiev. Ceux-ci seront stockés dans les camps d’entraînements du centre de l’Ukraine et non près du front à l’Est et régulièrement vérifiés par les soldats américains. Leur utilisation ainsi limitée n’aurait pas d’impact direct sur le champ de bataille mais leur présence viendrait renforcer la diplomatie pour un règlement du conflit.

Décembre 2017

350 millions de dollars d’aide militaire américaine et canadienne en Ukraine

Kiev-Washington-Ottawa. Le budget américain de la défense pour 2018, approuvé par les deux chambres du Congrès, a été signé mardi. Il prévoit une aide militaire de 350 millions de dollars à l’Ukraine, « y compris l’assistance létale défensive, pour aider l’Ukraine dans le domaine de la sécurité .»Toutefois, la totalité de l’aide est conditionnée par les réformes institutionnelles substantielles dans le domaine de la défense que l’Ukraine devra effectuer. C’est la première fois, à ce niveau législatif, que de tels moyens de défense sont accordés à l’Ukraine : radar de surveillance, anti-mines maritimes, navires d’action côtières et garde-côtes. Un jour après la décision américaine, Ottawa a ajouté l’Ukraine à la liste Automatic Firearms Country Control List (AFFCCL) autorisant les exportateurs canadiens à vendre des armes et de l’équipement militaire à Kiev, mettant fin à l’embargo  en vigueur depuis l’indépendance de l’Ukraine  en 1991. « Un puissant et opportun signe de support” pour le Président Porochenko pour qui “la porte de l’aide à la défense de l’Ukraine vient de s’ouvrir”. Cette décision législative donne suite à l’autorisation, par la Chambre des communes d’Ottawa, de ventes d’armes à l’Ukraine par le Canada, qui marque la première vente de matériel létal directe par un pays membre de l’OTAN.

Arrestation rocambolesque

Kiev. Mikheil Saakashvili, l’ancien président géorgien a été arrêté le 5 décembre par les forces de sécurité ukrainiennes SBU, dans le cadre d’une enquête criminelle dans laquelle il apparaît que l’ancien gouverneur de l’oblast d’Odessa aurait eu un rôle « d’aide et de protection de membres d’organisations criminelles ». La peine encourue pourrait aller de trois à cinq ans d’emprisonnement. Les supporters de M. Saakashvili, massés devant l’appartement du principal rival politique de Petro Porochenko, ont barricadé la rue et extrait le leader hors du van dans lequel il avait été poussé, pour être emmené dans un camp non loin de la capitale ukrainienne. Pour les supporters, cette inculpation n’est qu’une vengeance politique de l’actuel président ukrainien, Petro Porochenko, décidé à écarter son rival de la scène politique avant les élections présidentielles de 2019, comme l’avait fait l’ancien président Ianoukovitch en 2011 en emprisonnant sa principale rivale politique, Ioulia Timochenko. Deux jours avant l’arrestation échouée, M. Saakashvili avait appelé à la destitution de Petro Porochenko.

Source : MKD

 Pressions contre l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN

Budapest-Kiev. Le veto du gouvernement Orban s’opposant à la réunion de lacommission OTAN-Ukraine, initialement prévue le 6 décembre, vient renforcer l’opposition de la Hongrie face à la demande d’adhésion de Kiev faite en 2008. La raison invoquée réside dans une loi sur l’éducation passée par le parlement à Kiev, officialisant l’usage unique de la langue ukrainienne dans l’instruction. Les minorités russes, polonaises, roumaines et hongroises (120 000 hongrois)seraient limitées à l’étude de deux ou trois sujets dans leurs langues d’origine.Depuis quelques années, Budapest investit des sommes importantes dans les régions d’Ukraine, de Serbie et de Roumanie peuplées par des hongrois, dans une politique de « rassemblement de la nation à travers les frontières ». Le veto de la Hongrie, désapprouvé par l’Allemagne et dix autres pays membres de l’OTAN semble être le début d’un bras de fer entre Kiev et Budapest qui ne se montre « pas prête à sacrifier les intérêts de la minorité hongroise en Transcarpatie pour le compte de quelconque jeu géopolitique » comme l’a déclaré Peter Szijjarto, ministre des Affaires étrangères hongrois.

Novembre 2017

Rupture diplomatique évitée

Ukraine-Russie. Sous la pression du gouvernement ukrainien, la Verkhovna Rada a annulé le vote d’un amendement à la loi « Réintégration du Donbass » prévu jeudi 16 novembre. Cet amendement aurait officialisé une rupture des relations diplomatiques avec la Russie, ce qui aurait pu provoquer une escalade des tensions autour du conflit dans l’Est de l’Ukraine. Selon le journal britannique The Independent, la proposition de cet amendement par Ivan Vinnik, membre de la faction présidentielle au parlement et proche du parti de la coalition, People’s Front, ferait partie d’une manœuvre politique destinée à déstabiliser l’actuel président ukrainien, Petro Porochenko, en lutte de pouvoir contre son ministre de l’intérieur, Arsen Avakov.

Visas refusés.

Crimée–Autriche. Les autorités autrichiennes ont refusé la délivrance de visas aux directeurs généraux de la compagnie Krym en Crimée, de l’agence de presse Kryminfo ainsi qu’au président de l’union des journalistes de Sébastopol enregistrés pour la participation à une réunion à Vienne « Le rôle des médias libres dans l’approche globale de la sécurité » dans le cadre des activités de l’OSCE. En 2016, l’Union Européenne avait adopté une résolution condamnant la propagande russe « mise sur le même pied que la propagande des organisations jihadistes de l’Etat islamique et al-Qaida ».

Tensions diplomatiques

Serbie-Ukraine. L’Ambassadeur ukrainien en Serbie, Oleksandr Aleksandrovitch a déclaré lors d’une interview que « la Serbie ne faisait rien pour pour résoudre le problème » des volontaires serbes combattants aux côtés des forces pro-russes à l’Est de l’Ukraine, dont le nombre serait d’environ 300 aujourd’hui, selon les sources diplomatiques ukrainiennes et ce, malgré la loi serbe de 2014 interdisant à ses citoyens de se joindre à des conflits à l’étranger. L’Ambassadeur ukrainien accuse Belgrade de complaisance et Moscou “d’utiliser la Serbie pour détruire l’Europe”. Des « propos scandaleux…portant atteinte aux relations russo-serbes… et violant la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques » a dénoncé le Ministre des Affaires étrangères serbe, Ivica Tonchev.