Du 5 mars au 9 mars 2018

Par Valérie Geneux

Droit des femmes : un pas en avant, deux pas en arrière

Balkans. Le jeudi 8 mars, tous les États des Balkans se sont mobilisés à leur façon pour la journée internationale de la lutte pour le droit des femmes. Rassemblements, manifestations, marches, expositions étaient à l’ordre du jour un peu partout : marche nocturne dans plusieurs villes de Croatie, festival international de l’art féministe en Slovénie, exposition de œuvres de Vida Jocic au Monténégro etc.

Néanmoins, face à ces démonstrations citoyennes pour plus de droits, d’égalité et de reconnaissance envers les femmes, trois ombres viennent se loger au tableau. Premièrement, la Bulgarie a refusé, ce mercredi 7 mars, de signer la Convention d’Istanbul portant sur la lutte contre les violences domestiques. Alors que les opposants au traité, principalement les conservateurs, les représentants de l’Eglise orthodoxe et le Grand mufti ainsi que les nationalistes et l’opposition socialiste, ont décrié un problème de traduction sur la notion de genre pouvant ouvrir la voie à la reconnaissance du mariage homosexuel, mais aussi ont mis en évidence que ce traité incitait l’introduction de programme scolaire étudiant l’homosexualité et pouvant créer des opportunités encourageant les mariages homosexuels. Le Fund for Women bulgare a, quant à lui, souligné, lors de la marche pour les droits des femmes à Sofia, que plus d’un tiers des femmes bulgares sont victimes de violences. La Slovaquie a, elle aussi, refusé de signer la Convention.

La loi sur l’avortement est en cours de révision en Macédoine. Le ministre de la santé, V. Filipce, a déclaré ce jeudi 8 mars que la santé des femmes restait une priorité sans spécifier quelles mesures allaient être appliquées pour la loi sur l’avortement. Cette dernière est déjà largement complexifiée par le fait qu’une femme désirant avorter doit d’abord passer devant un conseil obligatoire et faire une demande écrite pour avorter.

Pour finir, le droit à l’avortement est lui aussi menacé en Croatie où la loi de 1978 va être modifié suivant un durcissement. Le but des demandeurs de cette révision étant que l’avortement « soit l’exception et non la règle » rendant ainsi l’avortement encore plus difficile d’accès qu’il ne l’est actuellement dans le pays. Les opposants à cette nouvelle loi décrient le manque de transparence et d’information qui l’entoure.

Aujourd’hui, « le droit des femmes à disposer librement de leur corps est en danger » dans tous les Balkans et ce, malgré les manifestations mettant le 8 mars à l’honneur. Le changement se serait-il donc que de la poudre aux yeux masquant largement un retour conservateur sur la question du droit des femmes et de l’égalité des genres ?

 

Élections à Belgrade

Les résultats des élections municipales de Belgrade, qui se sont tenues le 4 mars dernier, n’ont pas été d’une grande surprise. Le SNS, parti du président A. Vucic, a remporté 45% des voix accédant ainsi à la mairie de la ville. Alors qu’ A. Vucic s’est félicité de ce score, il faut noter que ce dernier a clairement monopolisé le temps de parole dans les médias étant ainsi omniprésent. Ironie du sort, A. Vucic a déclaré que ces élections étaient un « festival de la démocratie ». Le mouvement citoyen Ne Davimo Beograd, qui était descendu dans la rue pour protester contre la mauvaise gestion de la municipalité et contre la corruption, a remporté 3,5% des voix, résultat insuffisant pour accéder au quorum. Vingt quatre partis se présentaient pour ces élections donc beaucoup ne servaient qu’à diviser l’opposition anti-Vucic. Ainsi, cette dernière n’arrive pas à s’allier et s’organiser afin de condenser ses votes et de se constituer en véritable adversaire face au SNS.

 

La Macédoine toujours dans l’impasse

Le weekend dernier, des dizaines de milliers de personnes se sont réunis dans le monde entier afin de protester contre un éventuel changement de nom de la Macédoine. A Sidney (30’000 personnes), Perth, Brisbane, Washington, et dans une dizaine de villes européennes (Macédoine, Grande Bretagne, Slovénie, Italie, Pays-Bas, République Tchèque et Malte) la diaspora macédonienne a témoigné son refus catégorique de changer la Constitution de son pays d’origine. Les manifestants ont exigé l’arrêt des pourparlers avec la Grèce sur ce sujet. Au cœur du débat se trouve l’identité même des Macédoniens qui leur semble en danger.