Par Valérie Geneux

La Haye, Belgrade. Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a rendu son verdict sur le cas de V. Seselj cette semaine. En mars 2016, ce dernier avait été acquitté en première instance et n’avait pas été reconnu coupable de crime contre l’humanité, de persécution envers les populations non serbes ainsi que de déportations. Le but politique de créer une Grande Serbie n’impliquait pas pour les juges la perpétuation de ces crimes par V. Seselj. Le verdict de ce mois d’avril 2018 apparaît alors comme un compromis bien trouvé. En effet, V. Seselj a été condamné à dix ans de réclusion pour incitation aux crimes accompagnés de discours nationalistes dans la région de Vojvodina (Serbie) mais pas pour le chef d’accusation de crime contre l’humanité. Étant donné qu’il a déjà passé onze ans en prison, de 2003 à 2014, sa peine est considérée comme purgée et il ne retournera pas derrière les barreaux.

En 2014, il avait pu rentrer en Serbie afin de se faire soigner contre un cancer ; depuis la Serbie refuse son extradition malgré « la notice rouge » d’Interpol lancé contre lui. V. Seselj, menant aujourd’hui une carrière politique, se moque bien du verdict du TPIY et ne manque pas de le faire savoir dans les médias. Cette semaine il a notamment affirmé : « Je suis fier de tous les crimes de guerre et des crime contre l’humanité qu’ils [les juges du TPIY] m’attribuent, et je suis prêt à les répéter dans le futur ». Le parlement serbe lui à demander de démissionner suite au verdict mais ce dernier refuse de quitter ses fonctions.

Les victimes de la guerre qui a touché l’ex-Yougoslavie dans les années 1990 ont témoigné leur désapprobation et leur déception face au jugement soulignant qu’il n’y a pas de justice pour ces dernières.