Par Valérie Geneux

Cette analyse a été écrite en mai 2017.

Les échanges économiques transnationaux demeurent souvent complexes entre les États. L’énergie est aujourd’hui un secteur clé dans la géopolitique régionale européenne et l’approvisionnement en gaz reste un domaine fragile où les acquis de chaque acteur cherchent à être conservés.

Durant la période soviétique, l’itinéraire de l’acheminement du gaz russe à destination de l’Europe de l’Ouest se dessine. La Russie, voulant à tout prix éviter de passer par la Pologne, jugée comme peu fiable, préfère traverser l’Ukraine ou encore la Tchécoslovaquie et développe son réseau gazier sur ces territoires. Ainsi, l’Ukraine devient le pays le plus important au monde en matière de transit de gaz. Trois gazoducs traversent le pays : le Bratsvo, le Soyouz et le Trans-Balkans qui passe par Odessa et suit la frontière avec la Moldavie afin de fournir la Bulgarie, la Turquie et la Roumanie.[1] Sous l’Union soviétique, les pays satellites reçoivent tous le pétrole et le gaz russe. La chute du bloc soviétique en 1991 n’a pas empêché la Russie de continuer à pratiquer des prix préférentiels avec les États post-soviétiques, la politique sur le gaz restant similaire avant et après la chute de l’Union soviétique. Ainsi, une situation de dépendance énergétique s’est mise en place laissant à la Russie une position de monopole complet. Les pays de transit tel que l’Ukraine, la Géorgie ou encore la Biélorussie sont au centre des convoitises russes qui désirent s’approprier l’exportation et le transport du gaz et du pétrole.[2] L’Ukraine exprimant son désir de diversifier ses partenaires et sa consommation d’énergie se voit confronter aux vives réactions de la Russie.

Cette analyse cherche à comprendre les enjeux du gaz en tant que ressource énergétique indispensable à l’Ukraine mais aussi à l’Europe et du rôle prédominant que le gaz joue dans les relations économiques, politiques et diplomatiques entre la Russie, l’Ukraine et les pays européens. En effet, le gaz, ainsi que le pétrole, semble être un stabilisateur régional substantiel entre les États post-soviétiques. La question principale de ce travail étant : quel rôle exerce le gaz dans les relations entre l’Ukraine, la Russie et l’Europe ? ; il sera aussi tenté de mettre en valeur les rapports de force qui se dessinent entre les pays exportateurs et importateurs de gaz et la place de l’Europe, en tant que principale consommatrice du gaz, entre les politiques ukrainiennes et russes à ce sujet.

Contexte politico-énergétique de l’Ukraine

Durant toute la période de 1917-18 à 1991, la République socialiste soviétique d’Ukraine fait partie intégrante de l’Union soviétique. En 1965 est crée le ministère soviétique de l’industrie gazière chargé de distribuer, transporter et extraire le gaz naturel en Union soviétique. En 1989, ce ministère devient un groupement d’Etat et prend le nom de Gazprom. Après la chute de l’Union soviétique, Gazprom perd l’équivalent d’un tiers de ses gazoducs qui sont redistribués aux nouvelles Républiques indépendantes. Lorsque l’Union soviétique amorce la construction de ses gazoducs, elle est loin de s’imaginer son éclatement futur et l’indépendance de l’Ukraine, la Biélorussie ou encore la Moldavie. Les gazoducs sont donc construits au départ de la Russie et passant à travers ses territoires satellites. Ce système de gazoducs intégrés part de la région de l’Oural de l’Ouest en Russie jusqu’aux principaux centres de population. Une particularité de ce système est que tous les gazoducs convergent vers l’Ukraine avant de se diviser et partir vers l’Ouest. Ainsi il n’existe qu’une seule porte de sortie du gaz vers l’Europe, il s’agit de la ville d’Uhzgorod à l’extrême Ouest de l’Ukraine. Ce choix de passage est décidé pour des raisons géographiques : c’est le chemin de transit le plus cours pour l’Europe et le plus sûr.[3]

L’Ukraine, pays d’environ 603’700 mètres carré, possède sur son territoire un nombre important de ressources naturelles.[4] Riche de son agriculture, elle est un grand exportateur de céréales sur la place mondiale et détient un secteur agro-alimentaire très développé. Les « terres noires » ukrainiennes, fertiles et prospères, sont l’atout clé du secteur agricole. Les terres du bassin du Dniepr sont particulièrement productives mais le pays est surtout connu pour ses ressources minières et extractives dont le charbon, le fer, le magnésium, le corindon, le mercure, le gaz naturel, le bois etc. Le charbon provient essentiellement de la région minière du Donbass à l’Est de l’Ukraine dont les mines de Bazhanova et de Zasyadko sont les plus connues tandis que le fer se trouve au centre du pays à Kryvbas qui est réputé pour l’extraction du minerai de fer et son industrie sidérurgique. Le charbon domine la production de l’énergie primaire avec 47% et l’Ukraine détient approximativement 4 % des réserves mondiales en la matière. En 2011, la production de charbon s’élève à onze millions de tonnes.[5] Le secteur du charbon se partage entre des compagnies privées et publiques, ces dernières détenant un tiers des capacités de production dans le pays.[6]

Le pétrole est aussi une ressource exploitée par l’Ukraine. Néanmoins, les principaux gisements se trouvent en Crimée et sur l’île des Serpents, deux régions où l’Ukraine ne peut exercer sa pleine souveraineté. La Crimée ayant été rattachée à la Russie en 2014, c’est désormais cette dernière qui exploite les gisements de cette région. Quant à l’île des Serpents, elle est disputée entre l’Ukraine et la Roumanie.

Avec la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume Uni, l’Ukraine fait partie des pays européens à produire du gaz naturel. Les régions de Donestk et de Kharkiv sont connues pour l’extraction du gaz de schiste, le gisement d’Olesska dans la région de Lviv est aussi important. Toutes les importations de gaz à destination de l’Ukraine proviennent de l’entreprise russe Gazprom qui détient un monopole dans ce secteur. Les compagnies d’État ukrainiennes Naftogaz et Ukrtransgaz gèrent la gestion des gazoducs traversant le pays en provenance de la Russie et le stockage souterrain à destination de l’Europe de l’Ouest.[7] La production de gaz naturel est estimée à 20.1 milliards de mètres cubes[8] en 2011 et couvre 33% de la demande nationale.[9] L’Ukraine possède 37’600 kilomètres de gazoducs sur son territoire et détient 21% des capacités de stockage de gaz en Europe.[10]

L’énergie nucléaire est utilisée en Ukraine qui dispose de quatre centrales : Zaporijia, Rivné, Khnenitski et celle d’Ukraine du Sud toutes dirigées par l’entreprise Energoatom. La centrale nucléaire de Tchernobyl a été mise en arrêt suite à la catastrophe de 1986 et une arche a été construite en 2015 afin de recouvrir le réacteur numéro quatre. Un projet de construction d’une centrale nucléaire en Crimée a débuté dans les années 1970 mais a été abandonnée suite à la catastrophe de Tchernobyl.

Le secteur des énergies renouvelables s’est constamment développé depuis une dizaine d’années. Il est au centre des politiques gouvernementales du pays car il se propose comme une réelle alternative à la dépendance au gaz naturel et se pose comme une sécurité énergétique. Néanmoins, ce secteur propose une offre minime dont la qualité et la fiabilité doivent encore être améliorées. Les énergies renouvelables sont principalement l’énergie hydraulique, éolienne et la biomasse. Il existe une petite capacité éolienne en Crimée mais à l’heure actuelle, l’Ukraine n’a plus le contrôle de cette région qui est rattachée à la Russie. Le projet Energy Strategy to 2030 vise à améliorer et élargir ce secteur.[11] Le secteur hydraulique est aussi important puisque le pays est traversé par de nombreux fleuves dont le Dniepr, le Dniestr et le Danube. Ce réseau fluvial étendu contribue aussi à la bonne irrigation des terres arables.

Quant à l’électricité, les capacités de l’Ukraine se divise ainsi : 51% thermique, 26% nucléaire, 12% CHP, 10% hydroélectrique et 1% renouvelable. Le domaine du secteur électrique connaît un phénomène de privatisation et de restructuration afin d’augmenter son efficacité.[12] En 2005, l’Ukraine exporte son électricité principalement vers la Russie et la Hongrie mais aussi vers d’autres pays d’Europe de l’Est. Pour ce travail, les bornes chronologiques s’étendent de la fin des années 1990 jusqu’à la troisième crise gazière en 2014.

Relations entre la Russie et l’Ukraine au sujet du gaz 

La Russie détient un potentiel énergétique unique au monde qui produit presque 12% de l’énergie mondiale et se positionne à la troisième place de consommateur d’énergie après les États-Unis et la Chine. Second producteur mondial de pétrole après l’Arabie Saoudite, la Russie détient aussi un tiers des réserves mondiales de gaz naturel dont deux tiers de ses exportations sont vendues à l’Europe. Cette dernière est le principal client de la Russie en matière d’énergie, 50% de l’énergie consommée en Europe provient de la Russie. La dépendance des pays européens varie, certains pays d’Europe de l’Est dépendent à presque 100% de l’énergie russe tandis que les pays de l’Europe de l’Ouest ont la possibilité de diversifier la provenance de l’énergie.[13] La Russie possède des richesses naturelles considérables : « elle a produit 668 milliards de mètres cubes de gaz en 2013 et espère dépasser le seuil symbolique des 700 milliards ; le bénéfice net de Gazprom était en hausse de 4% au cours des neuf premiers mois de 2013, par rapport à 2012 »[14].

Les principaux objectifs stratégiques russes dans le domaine de l’exportation d’énergie sont de garantir la sécurité des flux d’énergie aux clients solvables afin d’assurer des rentrées d’argent nécessaires à l’économie russe. La Russie cherche à détenir le contrôle sur les routes de transit du gaz mais aussi à diversifier les infrastructures d’exportation et de minimiser le rôle des pays transit.[15] L’Ukraine constitue pour la Russie un corridor de transit pour son gaz en direction de l’Europe. Pour la Russie, « le maintien de l’Ukraine comme pays de transit nécessite avant tout d’assurer la stabilité économique et politique interne du pays »[16]. De bonnes relations diplomatiques sont donc indispensables pour la Russie si elle souhaite pouvoir exporter son gaz.  Du côté de l’Ukraine, le pays dépend énormément de l’énergie russe, notamment en gaz et en pétrole, et le maintien du transit est aussi un enjeu économique et politique important pour le pays. La Russie lui fournit entre 55% et 65% du gaz qu’elle consomme et les deux tiers de son pétrole.[17] La consommation de gaz représente environ 75% de la consommation totale d’énergie du pays.[18] Elle a, en outre, de plus en plus de peine à honorer sa facture énergétique s’élevant à 14.58 milliards d’euros en 2014.[19] L’Ukraine ne peut pas trouver un fournisseur d’énergie plus attractif que la société Gazprom qui pratique des prix préférentiels ; elle se voit doit donc obligée de s’entendre avec la Russie. Néanmoins, l’augmentation du prix du gaz est une réalité à laquelle l’Ukraine doit faire face ; des augmentations de tarifs de gaz et de chauffage sont nécessaires pour répondre à la politique de prix actuelle en fonction des inefficiences économiques.[20] 

La Russie, quant à elle, a mené une politique de contournement de l’Ukraine en construisant plusieurs gazoducs ne passant pas par l’Ukraine. Il s’agit du gazoduc Northstream transitant par la Russie en direction de l’Allemagne directement par la mer Baltique suscitant l’amertume des Polonais et des Ukrainiens.[21] Mais aussi les gazoducs Yamal et Southstream, le premier passant par la Biélorussie et la Pologne pour arriver en Allemagne et le second rejoignant l’Autriche par la mer Noire et remontant les Balkans (Bulgarie, Roumanie, Serbie, Hongrie).[22] Le Northstream, mis en service en 2012 et long de 1’224 km, « a fait passer la proportion du gaz russe destiné à l’Europe transitant à travers l’Ukraine de 80% à 52% (84 milliards de mètres cubes) »[23]. Afin de tenter de se soustraire de la dépendance russe en matière de gaz, « le gouvernement ukrainien a signé, le 5 novembre 2013, un accord avec Chevron en vue de l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste du gisement d’Olesky, dans l’ouest du pays »[24] ainsi qu’avec la compagnie Shell pour un autre site.

« L’Ukraine fait, avec l’Ouzbékistan et le Kazakhstan, partie des trois pays ayant la plus forte intensité énergétique au monde (quantité d’énergie nécessaire pour générer une unité de PIB) »[25]. Le gaz naturel constitue la première source d’énergie d’un pays qui mise avant tout sur ses secteurs agricoles et industriels. En Ukraine, un des problèmes domestiques est le paiement de la consommation de gaz par les ménages et les particuliers. En effet, seulement un tiers des habitations sont équipées de compteurs et 40% des consommateurs paieraient moins que ce qu’ils consomment réellement.[26] Malgré les mesures prises dans ce domaine, dont une loi sur l’efficacité énergétique des bâtiments datant de 2013, beaucoup d’améliorations restent à entreprendre.

Les conflits gaziers de 2006, 2009 et 2014

 Trois conflits gaziers entre la Russie et l’Ukraine ont éclaté ces dernières années. Le premier remonte au mois de janvier 2006, le second au mois de janvier 2009 et le dernier en date est de 2014. Ces trois crises sont similaires dans leur revendication mais la dernière se distingue des deux autres par son origine. Les conflits de 2006 et 2009 portent essentiellement sur des différends commerciaux et des tensions géopolitiques entre la Russie, l’Ukraine et l’Union Européenne.[27] Selon A. Dubien, chercheur à l’IRIS et spécialiste de la politique étrangère russe, le conflit de 2006 a mis l’Ukraine face à sa forte dépendance énergétique et ses difficultés à mener une politique étrangère autonome. Cette crise à mis en lumière les relations bilatérales tendues qu’elle entretient avec son voisin russe et les enjeux auxquels elle doit désormais faire face à savoir : « modernisation économique, stabilité politique, lutte contre la corruption, préservation de sa souveraineté et définition de son rôle sur le continent européen »[28]. La cause de cette crise réside dans l’augmentation du prix du gaz, décidé par la société russe Gazprom, qui va aussi s’appliquer à l’Arménie et aux pays baltes dans le but d’aligner « les tarifs du gaz à l’Ukraine sur ceux pratiqués en Europe »[29]. L’Ukraine va chercher à gagner du temps dans un contexte de période d’élection présidentielle et essayer d’associer ce différend à d’autres questions sensibles tel que le dossier sur le stationnement de la flotte russe en mer Noire. Les tensions s’intensifient face à l’intransigeance russe et les actes ukrainiens considérés comme des provocations. En effet, au mois de décembre 2005, se tiennent les sommets entre l’Ukraine et l’OTAN et l’Union européenne qui contribuent à irriter les Russes. [30] Aucun accord n’ayant été trouvé entre l’Ukraine et la Russie, cette dernière « ferme le robinet ». Selon M. Mendras, spécialiste de la politique russe et professeure à Science Po Paris, « Vladimir Poutine semble avoir voulu ainsi exposer les deux tranchants de la puissance énergétique russe : premièrement, le Kremlin peut provoquer une rupture majeure qui touche l’ensemble du continent ; deuxièmement, seul le Kremlin a le pouvoir de trouver une issue à la crise »[31]. Un accord est finalement trouvé dans lequel le prix du gaz augmente ainsi que le coût de transit du gaz.[32] Il apparaît très clairement que la Russie utilise l’argument énergétique à des fins politiques avec ses anciens pays satellites. Dans cette première crise gazière, le gouvernement russe a, selon A Dubien, « cherché à discréditer doublement Viktor Iouchtchenko et la « révolution orange ». Tout d’abord, aux yeux de la population ukrainienne en faisant le pari qu’elle sanctionnerait, lors du scrutin de mars 2006, l’incapacité de son gouvernement à trouver un compromis. Aux yeux de l’UE, ensuite, en attribuant à l’Ukraine la responsabilité d’éventuels problèmes d’approvisionnement des consommateurs ouest-européens et en la présentant ainsi comme un pays de transit peu fiable »[33]. La Russie semble maîtriser et décider seule laissant l’Ukraine et l’Europe dépendantes de ses choix. L’utilisation de l’arme énergétique s’est cependant relevée contreproductive pour la Russie, ternissant son image en Occident et poussant les Européens à chercher d’autres sources d’approvisionnement énergétique. Cette crise, tout comme les deux autres à venir, « pose la question du contrôle indirect qu’exercera la Russie sur l’industrie ukrainienne, particulièrement énergivore et donc très vulnérable aux hausses de prix à venir »[34].

La crise de 2009 entre la société Gazprom et l’Ukraine se déroule suite au différend quant au prix à payer pour les livraisons de gaz et des défauts de paiement. Gazprom réduit puis stoppe l’arrivée du gaz en Ukraine provoquant ainsi une seconde crise qui se répercute jusqu’en Europe de l’Ouest une fois encore. La Russie justifie la « fermeture du robinet » en accusant l’Ukraine de détourner et de siphonner le gaz qui transite à travers le pays, ce qui est en partie correct. Le conflit se résout dans le courant du mois de janvier avec un nouvel accord conclu entre I. Timochenko et V. Poutine ; ils redéfinissent le prix et le coût de transit du gaz et excluent la société RosUkrenergo du marché.[35] La société RosUkrenergo, enregistrée en Suisse, est, en 2006, un acteur important sur le marché du gaz ukrainien[36] ; elle gère toutes les importations de gaz dans le pays en achetant du gaz à bas prix en Asie centrale et en le revendant sur les marchés européens. Ainsi elle a atteint, en 2006, un bénéfice de plusieurs millions de dollars américains. Cette société est considérée comme un intermédiaire inutile et opaque, les parts de cette dernière appartenant à 50% à la société Gazprom et à deux hommes d’affaire ukrainiens.[37] Dans cette affaire, l’Union européenne ne s’est ni exprimée, ni pris parti, souhaitant une résolution du conflit la plus rapide possible afin de conserver ses intérêts et de continuer à percevoir le gaz en provenance de la Russie.

Depuis les années 2010, l’Ukraine n’a cessé de se rapprocher de l’Europe notamment en adhérant à la Communauté de l’énergie en 2010 et en discutant avec l’Union européenne sur une possible aide de cette dernière pour la modernisation de ces gazoducs et l’amélioration de ses capacités de stockage sur fond d’un accord d’association avec l’Union européenne. Ainsi, la Russie inquiète de ces possibles accords, propose à l’Ukraine de rejoindre son union douanière et lui promet d’autres avantages tel qu’ « un prêt de quinze milliards de dollars […], l’abaissement du prix du gaz […], la reprise de ses livraisons de pétrole à la raffinerie d’Odessa […], et le report de l’acquittement des dettes gazières contractées l’an dernier »[38].

En 2014, les gazoducs de contournement sont construits et fonctionnent depuis quelques années. Une année plus tôt, la Russie a accordé des tarifs préférentiels s’appliquant sur cinq ans à l’Ukraine de l’ordre de trente pour cent de rabais ramenant le prix du gaz à 195.5 euros pour mille mètres cubes au lieu de 295.6 euros pour mille mètres cubes.[39] Cette démarche vise à faire refuser l’accord d’association que propose l’Union européenne à l’Ukraine. Néanmoins, cet accord est aboli par les Russes lors de la Révolution du Maïdan qui vont ajuster le prix fait aux Ukrainiens avec celui appliqué aux Européens. Le prix du gaz passe donc au mois d’avril 2014 à 268.3 euros pour mille mètres cubes.[40] L’Ukraine s’oppose à cette soudaine augmentation et la société Gazprom stoppe ses livraisons vers le pays en juin 2014. Cette troisième crise, qui éclate sur fond de tensions entre la Russie et l’Union européenne, pose une fois de plus « les questions habituelles de la tarification du gaz naturel par Gazprom »[41].[42] La chute du président pro russe V. Ianoukovitch et le rapprochement de l’Ukraine avec l’Union européenne ont poussé la Russie à annuler les accords de prix préférentiels et les avantages conclus ces dernières années. Au mois d’octobre 2014, les sociétés Gazprom et Naftogaz ont trouvé un arrangement sur les prix, la livraison et le remboursement de la dette énergétique ukrainienne. La société ukrainienne Naftogaz a été créée en 1998 en tant qu’holding appartenant entièrement à l’État. Elle produit, transporte et commercialise du gaz naturel et du pétrole, elle gère également le transit, les exportations et les importations de pétrole et de gaz. Cette société représente treize pour cent du PIB ukrainien et environ dix pour cent du budget de l’État.[43]

Ces trois « guerres du gaz » posent la question de l’image de l’Ukraine en tant que pays de transit énergétique. Garante des livraisons et de l’approvisionnement en gaz de l’Europe de l’Ouest, l’Ukraine, dont les recettes du transit gazier représentent douze pour cent des recettes budgétaires totales, a besoin de conserver sa position stratégique entre la Russie et l’Europe. Si l’Ukraine est considérée comme un pays à risque élevé, les Européens vont préférer l’utilisation des gazoducs Northstream, Southstream ou encore l’OPAL[44]. Q. Boulanger, spécialiste des questions énergétique et publiant son article dans le cadre de l’Ifri, relève que « même dans un cas où l’Ukraine parviendrait à maintenir sa réputation de fiabilité et éviter le développement d’itinéraires de contournement, la rente que Naftogaz tire du transport de gaz naturel depuis la Russie vers l’Europe demeure structurellement fragile »[45]. La diminution du transit du gaz par l’Europe est due, d’une part, à l’émergence des gazoducs de contournement, mais aussi aux problèmes de gestion dans le système ukrainien notamment la politique de corruption d’une part et la vétusté des infrastructures d’autre part. Les gazoducs ukrainiens ont principalement été construits durant les années 1970 et n’ont pas été suffisamment entretenus et modernisés. Le pays doit, à l’heure actuelle, investir de grosses sommes d’argent afin de maintenir son potentiel dans le secteur gazier. La corruption au niveau étatique est aussi un problème important puisque il rend ce domaine opaque. Q. Boulanger cite l’exemple de E. Stavisky, ministre de l’énergie et de l’industrie charbonnière du gouvernement Ianoukovitch, en 2013, accusé de détournement, d’abus et d’appropriation d’actifs.[46] Un autre exemple de corruption peut s’illustrer par le cas de O. Ivchenko, directeur de la société Naftogaz et vice-ministre du carburant et de l’énergie.[47] Le cumule de ces deux fonctions n’étant pas autorisé pour des raisons évidentes, O. Ivchenko a dû démissionner.

Pour L. Simonet, spécialiste de la géopolitique et du droit international de l’énergie, la crise de 2014 a eu des impacts limités en Europe sur l’énergie y suscitant plus une certaine « paranoïa énergétique ». Il relève qu’en 2014, le gaz russe transite majoritairement par le gazoduc Northstream ce qui permet d’éviter l’Ukraine et habilite la Russie à livrer près de soixante sept pour cent de son gaz par ce biais.[48] D’autre part, « à long terme, les effets de tensions éventuelles sur les flux gaziers à travers l’Ukraine pourraient être antinomiques ».[49] En effet, les gazoducs de contournement ont été construits suite aux relations tendues entre la Russie et l’Ukraine. Le gazoduc Southstream pourrait, pour L. Simonet, « devenir l’otage de la crise ukrainienne »[50] suite au rapprochement entre l’Ukraine et la Russie et l’abandon de l’accord d’association avec l’Union européenne. Si le but premier du Southstream est de contourner l’Ukraine, il perd sa raison d’être si les deux partenaires entretiennent à nouveau de bonnes relations. Bien que toute crise énergétique ait des répercussions à l’échelle internationale, le flux gazier en direction de l’Europe ne s’est jamais arrêté malgré l’annexion de la Crimée et la quasi-sécession de la région du Donbass à l’Est du pays. L’Europe doit maintenir l’arrivée du flux gazier si elle veut conserver sa stabilité et sa consommation d’énergie. Elle a donc tout intérêt à ne pas s’interposer entre les différends russo-ukrainiens du moment qu’ils n’affectent pas la livraison énergétique à destination de l’Europe. Elle fait donc passer ses besoins énergétiques avant son rôle de médiatrice.

 Alternatives au gaz russe

Une des premières alternatives au gaz russe est le développement de l’exploitation du gaz national. L’Ukraine doit avant tout réussir à stabiliser son secteur gazier et énergétique national et réduire sa dépendance face aux importations de gaz en provenance de la Russie. Le gouvernement de P. Porochenko a fait sa priorité de l’indépendance gazière du pays. Le programme Stratégie Energétique qui s’étend jusqu’en 2030 et le plan de réformes 2014-2020 s’inscrivent dans cette optique d’indépendance nationale vis-à-vis des importations de gaz naturel.[51] Ces deux programmes ont pour but le développement de la production nationale et « la diversification des routes et des sources d’approvisionnement énergétiques »[52]. La Stratégie Energétique prévoit un contexte de quasi autosuffisance gazière dès 2030. Néanmoins, ces projets sont fortement retardés par la situation géopolitique du pays notamment par l’annexion de la Crimée par la Russie qui prive l’Ukraine de l’exploitation de gaz naturel offshore en mer Noire et en mer d’Azov.[53] Le cas est similaire dans la région du Donbass où l’exploitation des ressources naturelles devient difficile à cause des combats qui s’y déroulent. Si l’Ukraine souhaite réduire sa dépendance énergétique, elle doit d’abord stabiliser sa situation politique interne, principalement dans le Donbass, et attirer les investisseurs étrangers sur son territoire tout en développant le secteur privé ; la société ukrainienne Naftogaz détient en 2013, quatre-vingt huit pour cent de la production du gaz naturel du pays.[54] De plus, les amendements, pris par la direction de P. Porochenko, incluent la lutte contre la corruption qui se traduit par davantage de transparence dans les contrats et une amélioration économique. Malgré toutes ces mesures entreprises, pour Q. Boulanger, l’Ukraine doit faire face « à une hausse des prix du gaz naturel qui appelle à redéfinir la place de cette source d’énergie dans le mix énergétique national »[55]

La dépendance énergétique lie l’Ukraine à la Russie, et inversement. Si l’Ukraine arrive à diminuer cette dépendance, elle réduit aussi sa part de vulnérabilité dans ses relations avec son voisin russe. D’autre part, la question de la dépendance énergétique pose par ailleurs le problème de la sauvegarde de l’autonomie et de la souveraineté ukrainienne. Plus elle devient autosuffisante en matière énergétique, plus l’Ukraine est libre de ses choix d’alliance et d’association sur le plan régional et international.

 Énergies renouvelables du pays

Le développement des énergies renouvelables, bien que ne représentant que 1.2% du mix énergétique[56], sont une priorité pour le gouvernement ukrainien qui mise également sur l’énergie hydraulique, éolienne et solaire pour s’affranchir de sa dépendance énergétique.[57] L’Energy Strategy to 2030 prévoit une augmentation de ces ressources notamment par l’amélioration de leur efficacité et de leur qualité.[58] Le pays a cependant perdu une grande partie d’énergie renouvelable avec l’annexion de la Crimée qui abrite les principales ressources d’énergie verte. Les autres régions pouvant produire des énergies renouvelables sous forme d’électricité sont les Carpates et Nikolaïev près d’Odessa fournissant « 46% de la quantité d’électricité générée en 2013 et 20% de la demande en 2030 »[59]. L’enjeu actuel de ce type d’énergie est, pour l’Ukraine, de ne pas basculer dans une dépendance au réseau électrique russe en tentant de s’affranchir du gaz russe. De plus, sur le long terme, l’électricité pourrait bien devenir le nouvel outil diplomatique énergétique ukrainien. Mais, tout comme son réseau gazier, le système électrique a été construit durant la période soviétique, interconnecté avec la Russie et la Biélorussie avec une seule liaison en direction de l’Europe de l’Ouest.

Dans un contexte d’initiative pour réduire la consommation d’énergie, le cas de la ville de Lviv est exemplaire. En effet, la ville a pris des mesures afin de faire baisser sa consommation d’énergie de dix pour cent par an depuis 2006.[60] Cette initiative vise principalement la réduction d’énergie et de consommation d’eau potable des bâtiments publics.[61] La ville consomme essentiellement du gaz naturel qui représente soixante trois pour cent de sa consommation totale en énergie.[62] Lviv a été sélectionnée pour le programme M&T[63] notamment pour sa qualité de ville pionnière en matière d’efficience énergétique. En effet, elle a déjà participé à deux projets sur l’énergie dans le secteur public. Ce programme se déroule en trois phases principales : la collecte d’information sur la consommation d’énergie (Monitoring), la définition du niveau approprié de consommation par mois (Targeting) et veiller à ce que les réalisations soient respectées (Controlling).[64] Néanmoins ce genre de décision reste à un niveau local et avec peu d’influence à l’échelle nationale.

Conclusion

Les défis dans le domaine de l’énergie ukrainienne à savoir la limitation de la consommation d’énergie dans certains secteurs, l’énergie fortement subventionnée, mieux appliquer les politiques de réglementation, établir une meilleure circulation des informations entre les régulateurs et les compagnies énergétiques, limiter les risques pour les investisseurs étrangers et inciter les compagnies énergétiques à investir dans l’efficacité énergétique sont des enjeux auxquels l’Ukraine doit aujourd’hui faire face si elle veut poursuivre le développement harmonieux du pays.[65]

Concernant les rapports de force entre l’Ukraine et la Russie, toutes deux ont des moyens de pressions sur l’une et l’autre. Bien que dans l’imaginaire populaire la Russie semble avoir plus de pouvoir que l’Ukraine, cette dernière a aussi sa part d’influence dans les relations qu’elle entretient avec la Russie. En effet, elle peut à tout moment stopper le transit du gaz russe par son territoire et provoquerait une insuffisance d’énergie pour l’Europe. L’Ukraine détient aussi un grand nombre de ressources naturelles dont le charbon mais aussi d’importante capacité de production agricole. Il lui manque essentiellement une bonne gouvernance, dépouillée de toute corruption tant au niveau étatique que privé, qui lui permettrait de fonctionner de manière efficiente.

La dépendance entre les deux pays est donc double. La Russie a besoin de l’Ukraine pour acheminer son gaz vers l’Europe et l’Ukraine a besoin de la Russie pour sa consommation énergétique. Il apparaît clairement que dans ces rapports de force, le plus fort domine le plus faible. La Russie a pris la situation sociale ukrainienne comme point de levier durant la Révolution du Maïdan et a profité de la gouvernance défaillante ukrainienne pour créer un conflit gazier entre les deux pays. L’Ukraine pourrait-elle jouer, elle aussi, sur les problèmes internes russes afin d’obtenir ce qu’elle désire ? Une réelle guerre du gaz entre la Russie et l’Ukraine ternirait l’image de cette dernière et mettrait en péril sa stabilité économique mais aussi politique. L’Ukraine se trouve dans l’obligation de trouver un arrangement, sorte de modus vivendi, avec son partenaire russe sur la question du transit d’énergie étant donnée qu’une alternative au gaz russe n’est pas envisageable sur le court et moyen terme.[66]

Cependant, malgré les dissensions, une situation stable et équilibrée concernant le gaz semble être favorable à chacun des Etats qui y trouvent leur propre intérêt. La coopération et la réalisation de compromis s’avèrent être la meilleure solution pour assurer la stabilité énergétique régionale. L’Europe, grande consommatrice d’énergie en provenance de la Russie, participe elle aussi à cet équilibre mais préfère, par moment, fermer les yeux sur les différends entre la Russie et l’Ukraine afin de ne pas se compromettre. Le gaz apparaît donc comme un facteur de stabilité géopolitique entre l’Ukraine, la Russie et l’Europe.

Tous les échanges commerciaux sont des facteurs d’une certaine forme de stabilité de type conservateur. En effet, chaque partie, en l’occurrence chaque Etat, a tout intérêt à éviter que les situations ne changent car ils trouvent tous leur intérêt dans ces échanges. Bien plus que des questions politiques, il s’agit, au travers du commerce énergétique, d’assurer sa propre prospérité et stabilité interne.

Finalement, bien que le gaz soit source de stabilité internationale, l’Europe devrait devenir moins dépendante des importations d’hydrocarbures russes et la Russie moins dépendante des exportations d’hydrocarbures en diversifiant fortement sa structure économique. L’Ukraine se définissant comme le lien essentiel et stratégique entre les puissances. Malheureusement, les deux stratégies prendront beaucoup de temps.[67]

 

Bibliographie

  • Monographie

BALMACEDA, M., The politics of energy dependency : Ukraine, Belarus and Lithuania between domestic oligarchs and Russian pressure, Toronto, University of Toronto Press, 2015.

  • Articles

AUTEUR INCONNU, « Russie-Ukraine : la géopolitique de l’énergie », Alterinfo, 4 janvier 2006, http://www.alterinfo.net/RUSSIE-UKRAINE-LA-GEOPOLITIQUE-DE-L-ENERGIE_a666.html, [En ligne], consulté le 9 mai 2017.

AUTEUR INCONNU, « RosUkrenergo relais opaque de Moscou en Ukraine », Libération, 19 janvier 2009, http://www.liberation.fr/terre/2009/01/19/rosukrenergo-relais-opaque-de-moscouen-ukraine_303623, [En ligne], consulté le 24 mai 2017.

BOULANGER, Q., « Le secteur énergétique ukrainien à la lumière de la crise: au delà du transit gazier, un défi de gouvernance », 2014.

DUBIEN, A., « L’énergie, vulnérabilité stratégique persistante de l’Ukraine », Revue d’études comparatives Est-Ouest 37.4, 2006, pp. 165-180.

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  • Rapports

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IRENA, REMAP 2030. Renewable energy prospects for Ukraine, Allemagne, 2015.

 

Annexes

Annexe 1 : carte du système de transportation du gaz en Ukraine, Ukraine energy policy review 2006, p. 209.

 

Annexe 2 : graphique sur le transit du gaz naturel à travers l’Ukraine, 1991-2005, Ukraine energy policy review 2006, p. 211.

 Annexe 3 : tableau de la production de gaz en Ukraine, Ukraine energy policy review 2006, p. 173.

Annexe 4 : carte du Northstream, « Northstream », Wikipédia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nord_Stream.

 

Annexe 5 : carte des gazoducs passant par l’Ukraine, TERZIAN, 2014.

Annexe 6 : schéma sur l’organisation du marché du gaz depuis 2006, Ukraine energy policy review 2006, p. 179.

 

Annexe 7 : chronologie de l’évolution du prix du gaz, BOULANGER, 2014, p. 3.

Annexe 8 : la composition du mix énergétique ukrainien en % 2012, BOULANGER, 2014, p. 9.

Annexe 9 : tableau sur la demande de gaz naturel par secteur, 1993 et 2004, Ukraine energy policy review 2006, p. 68.

 

Notes

[1] Cf. Annexe 1 : carte du système de transportation du gaz en Ukraine.

[2] MENDRAS, 2006, pp. 209-210.

[3] La Tchécoslovaquie constituait aussi une bonne alternative de passage mais suite au Printemps de Prague en 1968 et l’occupation des troupes soviétiques, le pays est considéré comme peu fiable.

[4] Cf. Annexe 8 : composition du mix énergétique ukrainien.

[5] Energy policies beyond IEA countries, 2012, p. 151.

[6] Energy policies beyond IEA countries, 2012, p. 151.

[7] Cf. Annexe 2 : graphique sur le transit du gaz naturel à travers l’Ukraine.

[8] Cf. Annexe 3 : tableau de la production de gaz en Ukraine.

[9] Energy policies beyond IEA countries, 2012, p. 81.

[10] Ukraine energy policy review, 2006, p. 207.

[11] Ukraine energy policy review 2006, 2006, p. 333.

[12] Energy policies beyond IEA countries, 2012, p. 167.

[13] BAERISWYL, 2012.

[14] SIMONET, 2014, p. 116.

[15] HAFNER, 2012, p. 1.

[16] BOULANGER, 2014, p. 1.

[17] TERZIAN, 2014.

[18] Ukraine energy policy review, 2006, p. 168.

[19] TERZIAN, 2014.

[20] MITRA, 2012, p. 18.

[21] Cf. Annexe 4 : carte du gazoduc Northstream.

[22] Cf. Annexe 5 : carte des gazoducs.

[23] SIMONET, 2014, p. 98.

[24] SIMONET, 2014, p. 100.

[25] BOULANGER, 2014, p. 14.

[26] BOULANGER, 2014, p. 14.

[27] BOULANGER, 2014, p. 2.

[28] DUBIEN, 2006, p. 166.

[29] DUBIEN, 2006, p. 173.

[30] DUBIEN, 2006, pp. 173-174.

[31] MENDRAS, 2006, p. 211.

[32] Le coût de transit du gaz est le prix que paie la Russie à l’Ukraine pour faire transiter son gaz à travers le pays. Il s’agit d’une sorte de loyer pour l’utilisation des gazoducs. Les articles, ouvrages et rapports utilisés dans ce travail ne font pas mention du prix exact que la Russie verse à l’Ukraine, ni des variations du prix « de location » avant et après les crises gazières. Aucune information n’a été trouvée quant à la participation de l’Europe dans le coût du transit. Paie-t-elle uniquement le prix effectif du gaz russe ou le prix du transit est-il inclue dans le prix final de la facture européenne ? Les réponses à ces questions n’ont pas été résolues dans ce travail.

[33] DUBIEN, 2006, pp. 174-175.

[34] DUBIEN, 2006, p. 177.

[35] Cf. Annexe 6 : schéma sur l’organisation du marché du gaz depuis 2006 .

[36] Ukraine energy policy review, 2006, p. 163.

[37] Il s’agit de D. Firtach et I. Foursin. En évinçant la société RosUkrenergo, I. Timochenko se débarrasse de son principal ennemi, D. Firtach, mêlant de la sorte ses intérêts personnels à ceux nationaux. Pour en savoir plus sur le différend de RosUkrenergo, lire AUTEUR INCONNU, « RosUkrenergo relais opaque de Moscou en Ukraine », Libération, 19 janvier 2009, http://www.liberation.fr/terre/2009/01/19/rosukrenergo-relais-opaque-de-moscouen-ukraine_303623.

[38] SIMONET, 2014, pp. 105-106.

[39] TERZIAN, 2014.

[40] TERZIAN, 2014.

[41] BOULANGER, 2014, p. 2.

[42] Cf. Annexe 7 : chronologie de l’évolution du prix du gaz.

[43] Ukraine energy policy review, 2006, p. 161.

[44] L’OPAL est le prolongement du gazoduc Northstream de l’Allemagne jusqu’en République tchèque.

[45] BOULANGER, 2014, p. 5.

[46] BOULANGER, 2014, p. 6.

[47] Ukraine energy policy review, 2006, p. 161.

[48] SIMONET, 2014, pp. 108-109.

[49] SIMONET, 2014, p. 110.

[50] SIMONET, 2014, p. 111.

[51] BOULANGER, 2014, p. 11.

[52] BOULANGER, 2014, p. 11.

[53] BOULANGER, 2014, p. 11.

[54] BOULANGER, 2014, p. 12.

[55] BOULANGER, 2014, p. 13.

[56] Cf. Annexe 8 : composition du mix énergétique ukrainien.

[57] BOULANGER, 2014, p. 16.

[58] Ukraine energy policy review, 2006, p. 333.

[59] BOULANGER, 2014, p. 16.

[60] BOULANGER, 2014, p. 15.

[61] Cf. Annexe 9 : tableau sur la demande de gaz naturel par secteur.

[62] ESMAP. 2011, p. 2.

[63] Monitoring and Targeting.

[64] ESMAP. 2011, p. 3.

[65] Energy Efficiency Policy Priorities, 2015, p. 6.

[66] SIMONET, 2014, p. 115.

[67] HAFNER, 2012, p. 43.