Le gouvernement dévoile les modalités de passage à la semaine de 4 jours de travail

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Dans une interview au quotidien Izvestia, le vice-ministre du Développement économique, Piotr Zasselski, a annoncé qu’une réunion se tiendrait cette semaine au ministère du Travail pour discuter du projet. Celui-ci sera d’abord conduit à titre expérimental au sein des entreprises membres du projet national pour l’augmentation de la productivité du travail. 

Il rapporte que les modalités concrètes de cette transition doivent encore être élaborées. Il ne sera possible d’en savoir plus qu’à partir du moment où un grand nombre d’entreprises aura défini le schéma de sa transition. Menée à l’échelle d’une seule entreprise, cette modification des habitudes de travail ne donnera que peu de résultats. Pour évaluer l’impact de cette mesure, il faudra par la suite mener des études statistiques qualitatives. 

  1. Zasselski estime que 30 à 40% du temps passé sur le lieu de travail n’est pas travaillé. Et d’ajouter que « notre objectif n’est pas de raccourcir la journée de travail, mais de l’utiliser de la manière la plus efficiente possible ».

Comme le rappelle le quotidien, 266 PME dans plus de 30 régions russes participent aujourd’hui au projet national « Productivité du travail et soutien à l’emploi ».

A la mi-juin, le Premier ministre Dmitri Medvedev avait expliqué lors de la 108ème Conférence internationale du travail à Genève qu’à l’avenir le progrès technologique conduirait à une réduction de la semaine de travail à 4 jours. Il avait poursuivi en disant que cette transformation provoquerait une réduction des emplois, une baisse du temps de travail de même qu’une augmentation du temps de loisir.

La semaine dernière, le Premier-ministre a annoncé que le passage à la semaine des 4 jours dépendrait de la situation économique du pays dans certains secteurs de production clé. Pour lui, la question n’est pas tant celle de la réduction du temps de travail, que celle d’un assouplissement de la législation du travail qui permettra de répondre tant aux attentes des travailleurs qu’à celles des employeurs. 

D’après les résultats d’un sondage conduit par HeadHunter, d’ici un à deux ans, seul 12% des employeurs envisagent de passer à la semaine des 4 jours. Pour les 78% restants, un passage à une semaine de travail plus courte pourrait provoquer une baisse de la productivité du travail, de même qu’une perte de motivation chez les employés et une multiplication des problèmes de discipline dans l’entreprise.

Mikhaïl Ioujkov

Source : RBK,  16/09/2019

Traduction: Anthony Pepelnjak

https://www.rbc.ru/society/16/09/2019/5d7f057e9a7947218ed25f90