Le sport est devenu un élément incontournable des relations internationales, un vecteur de diplomatie, un outil de visibilité et d’affirmation; si bien que l’on parle de géopolitique du sport. La Russie, en accueillant la Coupe du Monde 2018, offre un coup de projecteur, pour ceux qui voudraient s’y pencher,  sur la ville de Kazan mais plus singulièrement sur le Tatarstan, république bien particulière au sein de la Fédération de Russie pour de multiples raisons historiques, confessionnelles, économiques et politiques. Les spécialistes de la Russie, ou ceux qui s’y intéressent de près, ne peuvent ignorer ce « facteur tatar » et le succès de son modèle au sein de la Fédération de Russie et à l’international. Il nous a paru utile, alors que la Coupe du Monde bat son plein, de « pousser le ballon » un peu plus loin. Nous avons rencontré Iskander Ioussoupov, Ministre-Représentant du Tatarstan en France, qui nous a donné les secrets de l’attractivité de la petite république pour les investisseurs étrangers et la « stratégie 2030 » que le pays met en œuvre. L’analyse politique de Jasmin Gut revient, quant à elle, aux années 1990 , l’éclatement de l’URSS et la position prise alors par le Tatarstan. Entre nationalisme et loyauté à Moscou, le Tatarstan a trouvé sa voie dans l’eurasisme, ce qui semble lui réussir et c’est ce que la Russie souhaite aujourd’hui nous montrer, au-delà des stades.

Entretien avec Iskander Ioussoupov, Ministre-Représentant de la République du Tatarstan
Le jeu d’équilibre dans la construction nationale du Tatarstan